Avec > > > Vincent-Michaël Vallet
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > PHAKT, RENNES
« Pebble Ripple Park » de Vincent‐Michaël Vallet est un jardin pas tout à fait naturel. Il est d'ailleurs entièrement factice. Il est rempli de toutes sortes de choses. On peut s'y perdre, et peut‐être aussi s'y retrouver. L'exposition joue avec cette idée toute simple : de petits gestes plastiques peuvent déclencher un grand effet — comme les ondes provoquées par un caillou lancé dans l'eau.
Avec > > > Alice Bertrand / Anne-Sophie Convers / Vincent Escalle / Fanny Gicquel / Gaïa Heumann / Quentin Montagne / Marie Rapinel / Akimbo studio /Rika Tanaka / Vincent-Michaël Vallet
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, avenue des Champs Blancs, CESSON-SÉVIGNÉ
Le monde change vite, trop vite ; et parfois dans des directions contraires à ce que l'on aurait pu espérer. Les tensions politiques et sociales s'amplifient chaque jour, et dans ce chaos, persister à faire des expositions peut sembler vain. Pourtant, face à celles et ceux qui continuent, la question se pose, s'agit-il d'un acte de résistance et de foi en l'humain ? L'art et la créativité, comme souvent, sont les enfants pauvres du combat social. Première victime d'une société en crise. Et pourtant, ils tentent de demeurer un rempart face à l'absurde, fragile mais toujours en première ligne. Imagination, rêve, prises de position ou de parole : ces gestes sont indispensables pour construire un autre monde. Nous en priver, c'est nous tuer. Peut-être qu'un jour, les expositions telles qu'elles existent s'arrêteront, par manque de moyens, ou parce que chaque époque finit par réinventer ses formes. En attendant, on continue. Knock knock. Bienvenue au 1002. C'est dans cet ancien corps de ferme mis à disposition par la SPLA ViaSilva et porté par l'association Les Ailes de Caïus, qu'une nouvelle proposition pour le territoire prend forme. Le 1002 est une maison d'artistes, un lieu d'exposition et de rencontres, une présence vivante et dynamique dans le quartier. Les murs de cette maison portent encore les traces du passé, mais aussi les rêves à venir et l'énergie brute des possibles. Sa métamorphose a déjà commencé, grâce à vous, et grâce aux artistes invité·es qui rendent cet espace vivant et intime et dont les œuvres proposent des visions nouvelles de l'environnement et de l'objet d'art. Indirectement elles interrogent notre rapport à l'espace, à la communauté, à la transformation. Comment faire d'une maison un lieu d'art ? Comment ouvrir cette transformation à tous ceux qui voudraient y participer, le temps d'une visite, d'un atelier, ou d'un échange ? Il suffira simplement d'un knock knock. Mais dorénavant la porte est déjà grande ouverte.
Avec > > > Pierrick Mordrel
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue de la Motte Brûlon, RENNES
Cactus en mousse sculptée, matelas gonflable peinturluré, papier bulle rendu décoratif et dix dessins, dix mascottes, dix idoles rendues à leurs visages de vivants. Ils donnent le ton, ils ajoutent un regard, un bras, une posture aux avatars d'une société trop consuméristes. Dans ces dessins de mascottes dévoilées, les personnages, habituellement joyeux et colorés, figures emblématiques de la culture pop, prennent une dimension nouvelle et troublante et font apparaître les humains qui, cachés à l'intérieur les animent pour le bonheur du spectacle. Chacune d'elles se parent de gestes qu'on ne leur prête que trop rarement, révélant la fatigue, la solitude, la tristesse et la violence. Derrière les façades joviales, se pose sans cesse la question des rôles que nous jouons dans la société. Pierrick Mordrel élabore une œuvre jeune qui s'intéresse aux coulisses des apparences. Il explore et s'intéresse à notre relation à l'environnement ; du regard que l'on y porte, de l'insignifiant au précieux. Dans son atelier, il accumule rebuts et autres objets du quotidien, souvent négligés ou ramassés dans la rue. Ils deviennent supports à peinture, sculpture ou installation, réinjectant des motifs et des couleurs vibrantes dans ce qui tend à disparaître. Chaque pièce raconte une histoire, celle des objets eux-mêmes et celle de leur transformation, reconsidérant leur valeur et questionnant notre propre impact sur l'environnement.
Avec > > > Akimbo Studio
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue de la Motte Brûlon, RENNES
La première salle d'exposition est aussi la première étape de votre nouvelle vie. Vous y trouverez « Prototype », une revue de science-fiction qui invite artistes et graphistes à construire des imaginaires d'émancipation. Mélangeant faits d'actualité, développements technologiques et œuvres purement fictives, « Prototype » propose d'inventer les solutions pour un monde meilleur. Le futur est à portée de main et le succès compte En passant dans la deuxième salle de l'exposition, tout devient plus concret. « Mnemonic » et « Emulation of ginseng/ginko » vous livrent le secret pour aller mieux. Pourquoi s'en priver ? Comme nous toustes, vous ressentez le besoin de réduire votre stress, de trouver un meilleur équilibre entre votre vie professionnelle et personnelle, et surtout d'adopter un mode de vie plus sain. Les « 3 techniques insoupçonnées de libération vibratoire » peuvent vous transformer rapidement. Utilisez ces outils d'émancipation pour devenir la meilleure version de vous-même et affronter les épreuves en étant plus relax et détaché. Votre réussite est notre priorité Apprendre la libération vibratoire, c'est dire non aux nuages noirs des petits tracas du quotidien et à la grisaille des imprévus. Vous êtes le capitaine du vaisseau qui vous mènera vers la terre de l'épanouissement. Ces techniques vous aideront à avancer rapidement, et vous développerez une meilleure estime de vous-même en atteignant tous vos nouveaux objectifs rapidement. Fixez vous des limites hautes et encore inimaginables ; vous comprendrez que vous seul étiez la barrière qui vous sépare de la réussite et donc du bonheur. Nous sommes là pour vous, disponibles pour vos rêves Une fois ces techniques assimilées, vous serez fin prêt pour l'aventure et partir à l'aventure, c'est rencontrer des amis et des ennemis sur votre route. Le "singe de métal" vous y aidera. Vous comprendrez alors qu'aller bien n'est pas suffisant pour aller loin, mais cette étape est déjà la dernière de votre aventure. Vous étiez certainement trop naïf jusqu'à maintenant et il est peut-être déjà trop tard. À ce moment, vous êtes à deux doigts de la victoire ou de l'échec. Il n'y aura plus de seconde chance, aucune carte joker pour vous extraire quelques heures ou quelques jours du monde. Il n'y aura que le présent et ce sera à vous d'en explorer tous les niveaux, seule possibilité pour vous de vous en sortir cette fois. Il faut croire en vos possibilités Sur le fil périlleux de l'histoire de l'humanité vous vous souviendrez d'une chose. Il y a quelques millions d'années, vous étiez singe. Vous l'êtes à nouveau, mais cette fois, normalement vous allez mieux.
Avec > > > Fanny Gicquel / Éléonore Grignon / Dounia Ismaïl / Constance Legeay / Malo Legrand / Nathan Lepage / Thibault Philip / Emanuel Soopaya / Virginie Vallée / Vincent-Michaël Vallet
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > GALERIE NET PLUS, CESSON-SÉVIGNÉ
Sur une invitation des Ailes de Caïus, certain·es des artistes résident·es de B612 signent une exposition collective, Love Waves. wave 1 Inauguré en 2021 à Rennes, B612 est un immeuble atelier qui a accueilli plus d'une quarantaine d'artistes résident.e.s et l'artiste run space « Quatre ». wave 2 Les ondes d'amour, ou Love waves, sont les ondes sismiques qui se déplacent à la surface de la Terre lors d'un séisme. Comparativement aux autres ondes sismiques, elles se propagent avec une amplitude et une durée relativement plus importantes le long de la surface terrestre. wave 3 Les artistes choisi.e.s pour l'exposition entretiennent toustes un lien étroit soit avec l'univers domestique, l'artisanat ou les pratiques économes. Leurs œuvres, bien qu'elles ne soient pas des objets d'usage courant au sens strict, sont conçues pour intégrer, réinventer et enrichir notre quotidien. wave 4 Chacun.e. des artistes a été invité à apporter un objet auquel iel tenait. Œuvre d'art, bibelot, décoration. Il s'agit d'un objet de leur quotidien qui vient co-habiter dans l'espace d'exposition. Questionner la raison de nos choix c'est avant tout entretenir un rapport au présent et à l'équilibre. Lorsque la technologie et la virtualité dominent nos interactions quotidiennes, la place donnée aux œuvres d'art et aux expérimentations plastiques dans nos espaces de vie apparaît non seulement comme un besoin esthétique mais également comme une quête de sens. Projet rare et inédit en Bretagne, B612 est un lieu de vie privé et publique où les idées se confrontent, se transforment et se subliment. Où les œuvres rencontrent fatalement les objets plus pratiques et intimes de nos usages et font naturellement exposition. L'époque que nous traversons nécessite que nous nous détachions de certaines traditions, que nous repensions nos méthodes créatives au-delà des théories académiques et des conventions institutionnelles pour une compréhension et un rapport plus intuitif et instinctif au monde et à la création. En matière sismique, les loves Waves sont les ondes qui durent le plus longtemps mais aussi les plus dévastatrices. Dans notre contexte, elles symbolisent une force interrogatrice sur le réel et le présent, sur l'art et l'exposition, sur nous et sur vous.
Avec > > > Darius Dolatyari-Doladoust / Léo Dupré / Hélène Hulak / Lucile Lance / Gaelle Loth / Alice Meteignier / Louise Porte
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue de la Motte Brûlon, RENNES
Crazy zig zag. Ça pourrait être le nom d'un manège, un rollercoaster infernal ou les un.e.s crient de plaisir en levant les bras au ciel et les autres, terrifié.e.s se cachent les yeux. Ça pourrait tout autant être le nom d'un cocktail ou le titre d'un livre, autobiographie d'un clown ou d'un pilote. Crazy zig zag sonne encore comme le nom d'un numéro d'artistes de foires, de saltimbanques ( de l'italien « salta in banco », celleux qui sautent sur les bancs - les estrades). Crazy zig zag n'est pas le nom d'une exposition même s'il peut tout à fait l'être. D'ailleurs il l'est. C'est une pirouette de l'esprit, un lâcher prise volontaire, un message dissimulé. Ce n'est pas un spectacle non plus, c'est une ode, une célébration de l'attrait pour l'inconnu. Les lignes qui zigzaguent se posent comme des métaphores de la vie elle-même. Une existence linéaire, tendue comme un fil, vit dans l'ombre de son dénouement inéluctable; du coup de ciseau fatal de Morta, la dernière des parques. En revanche, un chemin qui serpente, qui s'autorise des détours et des boucles, ne sachant où il conduit, s'autorise toutes les potentialités. Un zig zag c'est une ligne qui a perdu son orgueil. C'est le pas de coté, la sortie de route sur les sentiers battus. C'est un parcours erratique et un choix politique. Combien de refus, de retards. Jamais assez. Une trajectoire en zigzag, c'est l'abandon de toute prétention à la perfection. Celle des autres. L'évitement de tout ce qui semble prévisible, monotone et ennuyeux. Il n'y a rien de vivant hors du zig zag et des choses surprenantes se cachent dans ses angles aigus et ses rebonds. Il existe une ligne à suivre finalement - non pas celle de la direction, mais celle de la conduite et elle a le tracé d'un zig zag, d'un crazy zig zag.
Avec > > > Antoine Charlot
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue de la Motte Brûlon, RENNES
Dans le cosmos visuel de l'artiste, s'étend un espace sans limites, vertigineux, où couleurs et traces se mêlent sur le papier et forment galaxies, nébuleuses et autres constellations. Cet univers plastique évolue constamment et s'étend dans des limites imperceptibles. Chaque ajout, chaque détail, est une métamorphose, une transformation qui révèle la nature cyclique de la création. Les coups de pinceaux et de crayons sont des explorations graphiques sur les pistes d'un dessin toujours en train de se faire. Il est tentant parfois de rapprocher ces éléments entre eux, de les lier selon l'utilisation des tonalités, des formes abstraites, des compositions dynamiques et gestuelles récurrentes, mais souvent cela échappe à notre appréhension. Comme le dit la célèbre citation de Lavoisier, « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » ; c'est ainsi que le travail de l'artiste prend forme. Une idée ou un sujet, le plus souvent tout deux figuratifs, deviennent des esquisses déformées jusqu'à leurs abstractions totales. Le point de départ n'est qu'un prétexte pour s'en échapper créant ainsi une manière, où le réel, les références et les médiums se confondent et se déploient dans un environnement tout autant sensoriel que visuelle. S'il y a parfois des questions sans réponses devant les mystères célestes, on peut éprouver, en laissant la critique derrière nous, ce même rapport au monde devant certaines œuvres. Cette impossibilité de maîtriser un univers qui ne cesse de déborder du papier ou de lui donner une profondeur, défie toute tentative de le contenir. C'est un élan qui se nourrit de lui-même et qui ne connaît ni imite ni fin, un tourbillon, une danse cosmique.
Avec > > > Vincent-Michaël Vallet
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue de la Motte Brûlon, RENNES
Quel·le est votre artiste préféré·e ? Si oui, laequel·le ? Cette phrase est absurde et la réponse ne nous intéresse pas. Par contre entre 1605 et 1615 Cervantes écrit Don Quichotte de La Mancha. L'histoire d'une lutte entre le réel et l'imaginaire, entre ce que nous sommes et ce que nous projetons. Don Quichotte est un lecteur assidu de livres de chevalerie. Il en a lu vraiment beaucoup, peut-être autant que nous avons lu des livres sur l'art, de biographies d'artistes et de livres théoriques. Il en a lu à un tel point qu'il se confond avec les héros de ses lectures et se prend à son tour pour un chevalier errant appelé à vivre une grande aventure. Nous partageons le même rêve avec nos livres : être un artiste errant, vivre une grande aventure. Nous sommes certainement né·e·s dans les mêmes mots : « son imagination se remplit de tout ce qu'il avait lu dans les livres, enchantements, querelles, défis, batailles, blessures, galanteries, amours tempêtes et extravagances impossibles : et il se fourra si bien dans la tête que tout ce magasin d'inventions rêvées était la vérité pure, qu'il n'y eut pour lui nulle autre histoire plus certaine dans le monde. » (Cervantès, Don Quichotte, I, chapitre I) Les rapprochements entre lui et nous sont si simples qu'ils peuvent être troublants. De nombreux artistes ont nourri une admiration pour l'œuvre cervantine, de Daumier à Garouste en passant par Dalí. Paul Valéry écrivait à ce sujet : « Tous les artistes […] se voient en Don Quichotte. » C'est tellement facile de comprendre pourquoi. Le chemin suivi par le protagoniste est aussi le nôtre. Rêveur romantique luttant pour un idéal impossible. Héros, fou, esprit poétique qui tente ou qui croit ennoblir le monde au risque de s'en déconnecter totalement. Est-ce là un risque à prendre ? Avouons que ce trait de caractère, nous le partageons. Qui croit encore que l'art peut changer le monde ?… Et pourtant. C'est cette folie qui le mène et nous mène à développer une grandeur idéaliste, en incarnant la figure paradoxale du sot et du sage. C'est là, durant cette brève quête et selon cette façon d'être qu'il touche à l'ultime. C'est dans cette tension qu'il a le courage de poursuivre son périple et d'affronter ses ennemis. Que ces derniers soient vrais ou non, elle lui donne la force de braver les critiques et les sarcasmes du monde qui l'entoure et d'avancer selon son propre code moral et sa vision des choses. À nous autres de parcourir les chemins ; de sentir notre cœur battre grâce à la fleur qu'on nous offre et de monter Rosinante, cheval boiteux mais fidèle monture. Avoir une lance dans la main peut aider pour traverser des paysages sans fins dans lesquels il ne faut laisser comme empreinte que le mouvement que l'on fit pour le fuir. On trouvera plus tard sur notre route, le chapeau de l'ami·e qui nous manque. Il faut toujours penser à bien s'entourer pour ce genre de voyage, les risques sont constants. Mais de l'œuvre de Cervantès, il ne faut pas oublier la fin de l'histoire. Dans les derniers chapitres, Don Quichotte reprend momentanément ses esprits. Il réalise que ses exploits imaginaires et sa vie en tant que chevalier errant sont le fruit de sa démence et toutes ses lectures l'ont induit en erreur. Il demande pardon à son écuyer Sancho Panza pour les épreuves qu'il lui a fait subir. Traversé par un dernier éclair de lucidité, il réfléchit sur sa vie et la nature des histoires de chevalerie pour finir par les renier et ne plus vouloir en entendre parler. Ce faisant, il meurt en paix laissant une question en suspens. Rêver oui, mais combien de temps ? Ici dans la vraie vie, il nous reste une question : Quel·le est votre artiste préféré·e ? Et si oui, laequel·le ?
Avec > > > Charlotte Delval / Louise Rauschenbach
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue de la Motte Brûlon, RENNES
« Break » est une exposition collective signée par Charlotte Delval et Louise Rauschenbach. Elle résulte de la première résidence « Break » organisée par le Quatre et ayant eu lieu en juillet et août 2023. Tout au long de notre existence, l'épiderme demeure un marqueur. Il changera de teinte en réagissant aux fluctuations de température et aux inconforts occasionnels. C'est à travers lui que s'échapperont nos fluides les plus intimes, transpirations, sang et pus. S'il nous enveloppe et nous protège, c'est aussi lui qui s'altère le plus vite. Lorsque l'on meurt, il se ternit, se nécrose et pourri. Nos corps morts deviennent alors autre chose, ils s'enterrent et se décomposent, ils se brûlent et se rangent dans des urnes créées pour l'occasion. Aborder la mort, c'est souvent imaginer l'après, tout du moins sa potentialité. C'est pourquoi la première installation de Louise Rauschenbach convoque le mythe antique de Charon, le passeur des enfers qui moyennant une pièce d'or nous permet de traverser le Styx et rejoindre le royaume des morts. Un Styx sur lequel flottent des nénuphars pourvus de doigts crochus prêts à saisir qui s'y pencherait de trop près. Faut-il rappeler que ce plongeon s'il survenait, serait irrémédiable ; car le Styx est lui-même composé d'autres affluents que sont le fleuve du chagrin, le torrent des lamentations et le ruisseau de l'oubli. Sur les berges de celui-ci, sur le sol et les parois auraient alors poussé les sculptures en savon de Charlotte Delval. Ces dernières ressemblent à des espèces vivantes, vivaces et invasives. La matière qui les compose revêt l'apparence d'une membrane, parfois suintant. Elles poussent, croissent et forment un décor-monde irréaliste. Un coquillage Vénus aux cheveux blonds, des langues duveteuses au bout desquelles pendent parfois des boucles d'oreilles devenues piercings. Autant de formes, accessoirisées, souvent sexuées dont on soupçonne qu'elles attendent de se reproduire. Elles pourraient tout autant être le dernier reflet des corps qu'elles auraient vu passer, s'être nourri d'eux et de leurs biens, car à d'autres égards, elles évoquent des objets du passé. Ne serait-ce pas ces âmes voyageuses, en route vers les enfers, qui s'en serait délesté avant d'embarquer ? Car certaines d'entre elles, ont été formellement inspirées par des céramiques antiques, et Charlotte Delval nous les ressuscite sous une version éphémère et fragile, témoins amaigris de leurs anciens usages, mais pour autant toujours aptes à jouer leurs rôles de réceptacles. Epidermic pourrait donc être le nom de ce nouveau territoire esquissé par les artistes. Ce lieu où il serait question d'abandonner nos vieilles peaux comme on se délaisse de nos oripeaux. C'est d'ailleurs ce dont il s'agit plus loin, lorsque l'on tombe sur ce corps en céramique à moitié allongé réalisé par Louise Rauschenbach. Ce personnage s'est-il lui-même délesté de ce corps trop lourd ou est-il mort d'avoir touché ou senti l'une des sculptures qui l'entoure ? Par chance, on échappe à l'odeur de cadavre en décomposition pour sentir, par effluve, celle du savon. C'est ainsi que le dialogue entre les œuvres se jouent de nous. Elles se complètent mutuellement, dépossèdent et s'approprient des éléments que l'on penserait constitutifs de l'une pour les associer à l'autre. Un corps mort devient une céramique lisse, brillante, et un vase antique se voit affublé de reste capillaire et d'une surface organique, grouillante. Autant de tricks qui nous rappelle « l'inquiétante étrangeté » formulée par Freud. Ne garder que l'épiderme c'est aussi concevoir le corps comme un réceptacle. Le tueur en série Ed Gein dépeçait ses victimes et conservait la peau pour en faire des costumes dans lesquels il venait se lover. Dans les œuvres présentées ici, on s'interroge à notre tour sur les vides et les absences. Sont-ils autant de refuges et d'abris potentiels. La barque est vidée de son occupant et le corps n'est plus qu'une coquille vide. C'est aussi en partie le vide qui définit les sculptures de Charlotte Delval qui apparaissent comme des chrysalides dont l'occupant aurait fini sa métamorphose et aurait quitté les lieux. En gardant le titre à l'esprit, l'épiderme offre une compréhension des œuvres exposées et des interrelations qui les sous-tendent, mais incite le spectateur à parcourir l'exposition, animé par une question simple et certainement insoluble. Si le vide invite à penser la potentialité et la possibilité, c'est surtout qu'il nous convoque sans cesse. Dans ce dernier, dans les creux et les absences, quelle part de moi puis-je y mettre ?
Avec > > > Hugo Capron / Max Coulon / Mathilde Denize / Florent Dubois / Jamie Fitzpatrick / Fanny Gicquel / Magalie Guérin / Benoît-Marie Moriceau / Natasja Mabesoone / Cécile Guettier
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > GALERIE DE ROHAN, LANDERNEAU
Il y a deux ans, j'ai entrepris un projet particulier qui devrait s'étaler sur quelques années. Il consiste à me rendre dans des endroits à travers le monde qui me semblent dotés d'une certaine aura artistique pouvant participer à ma définition du cool. Ces lieux peuvent prendre différentes formes : ce sont parfois des pays, des villes ; parfois des musées, des ateliers. Ils n'ont pas de typologie précise et je m'y rends afin d'y rencontrer des artistes, des artisans, découvrir leurs œuvres, écouter des auteurs, admirer des architectures et échanger avec celles et ceux qui y vivent. J'archive ces rencontres à l'aide de photographies, de vidéos ou d'écrits ; et je complète ces expériences par des entretiens d'artistes, des articles et bien sûr, comme ici à Landerneau, des expositions. Toutes ces activités contribuent alors à façonner, construire et enrichir ma propre définition du cool dans le domaine de l'art. On peut se demander pourquoi vouloir définir une notion si abstraite. La réponse est toute simple : parce que le cool ne se définit pas. J'ai toujours voulu fuir les choses trop étroites ou trop figées comme j'ai toujours craint les gardiens du savoir et les censeurs de la libre pensée. Le cool comporte en lui un activisme qui ne dit pas son nom. Il combat ce qu'il déteste, mais semble ne jamais le faire ouvertement ; si bien qu'on l'imagine faire preuve d'une certaine indifférence face à toutes les situations. Finalement, sur lui coule les choses, il nous échappe sans cesse. Alors pour moi, lui courir après c'était accepter de transformer ma vie en un élan, toujours être dans un mouvement capable de m'amener ailleurs, capable de me faire voir le monde autrement, capable de me changer et capable de me définir. C'est pourquoi c'est avec une profonde modestie que j'entreprends ce projet, car je sais par avance qu'il évoluera sans cesse. Chaque année il grandira, se complètera et se contredira. C'est là la preuve de son rapport au monde ; le cool se conjugue au présent, il évolue, reste attentif et vivant. Le temps d'une exposition, la Galerie de Rohan devient un espace où je questionne cette notion tout en sachant qu'elle ne m'appartiendra jamais pleinement. Le cool est à moi autant qu'à vous et c'est là justement ce qui m'intéresse. À l'aide des œuvres présentées ici, nous pouvons nous interroger sur ce qui éloigne nos définitions et sur ce qui les rapproche. Nous pouvons essayer d'en circonscrire les contours en prenant garde à ne jamais les fixer. Sous cet angle, il faut considérer « Sunset » comme une exposition propice aux échanges et au dialogue. Il s'agit d'une tentative pour aborder l'art et les œuvres sous le prisme de nos perceptions, de nos attitudes et de nos habitudes face à elles. Il me semble que c'est la manière par laquelle le commissariat d'exposition demeure un terrain d'expérimentations sensibles pour qui s'y laisse entrainer. Prenons le temps d'y réfléchir et profitons-en pour faire de ce moment un temps précieux, que d'aucuns pourrait dire « cool ». Vincent-Michaël Vallet
Avec > > > Julien Rivassou
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue de la Motte Brûlon, RENNES
À travers ses compositions et associations d'images hétéroclites, Julien Rivassou nous plonge dans un univers où les sources d'inspiration se mélangent et se recomposent sans cesse. Ce nouvel assemblage donne naissance à des récits visuels complexes qui résonnent étrangement en nous. « Épreuve Fabulatrice » met en lumière l'une des particularités de la nature humaine, notre besoin inné de nous raconter des histoires. L'être humain appréhende le monde par le biais des récits, qu'ils soient transmis oralement, par l'écrit, par l'image, l'icône ou le symbole. Nous n'avons pas eu cesse d'utiliser les récits pour comprendre qui nous étions, communiquer nos émotions et imaginer collectivement notre avenir. Ils nous ont permis de nous connecter les uns aux autres, de transmettre des connaissances et de façonner nos identités individuelles et collectives. Pour cette série, les éléments peints sur les toiles évoquent des récits de fin du monde, Ragnarok, apocalypse chrétien, histoires dystopiques de sciences-fictions qui mettent en avant intelligence artificielle et autres monstres Kaiju, toutes ces histoires racontent une fin potentiel de l'humanité et possiblement notre capacité à y survivre. En mêlant ces récits, Julien Rivassou brouille les hiérarchies, efface les frontières et à son tour devient l'auteur de nouvelles histoires, pour nous rappeler simplement que sans eux, notre existence serait tout autre ; que seule notre imagination est capable de donner un sens au réel.
Avec > > > Bertrand Dezoteux / Elsa Fauconnet & Antoine Liebaert / Tristan Gac / Valentine Gardiennet / Bevis Martin & Charlie Youle / Antoine Medes / Pia-Mélissa Laroche / Louise Rauschenbach / Héloïse Rival / Vincent-Michaël Vallet
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet / Louise Rauschenbach > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue de la Motte Brûlon, RENNES
La terre est une sphère depuis l'antiquité. La terre est une sphère depuis toujours, mais on le sait depuis l'Antiquité et à cette époque les platistes n'existaient pas. S'ils existaient, ils ne faisaient pas parler d'eux. C'est pourquoi il y a bien longtemps, les Grecs et les Égyptiens voyaient le monde avec plus de hauteur, du haut de leurs temples et de leurs pyramides. Pour eux, la sphère était la forme parfaite, alors fatalement la terre ne pouvait que l'être… Et puis bon, les choses et les faits sont là. Artistote, malin parmi les malins, parle déjà dans ses écrits de l'ombre projetée sur la lune. Un « traité de la sphère » annonce la rotondité de la terre au XIIIe siècle. Magellan et Elcano réalisent les premières circumnavigations. On en a fait le tour, littéralement. Parler d'une terre plate ou ronde, c'est aussi évoquer Galilée, Copernic, Kepler ou encore Newton. Mais scientifiques, astronomes et astronautes n'ont pas le pouvoir divinatoire des astrologues. J'ai rencontré quelqu'un et pour lui la terre est plate, il n'y a pas de doute. Il affirme que l'observation qu'il fait du monde confirme la platitude. Lorsqu'il regarde l'horizon, il ne voit aucune courbure, ça ne peut donc être que plat. Toute preuve est forcément manipulée ou falsifiée. Il a fait ses propres recherches donc il sait lui. En 1961, le premier vol habité de Youri Gagarin est une chose extraordinaire. Un homme s'éloigne de la planète sur laquelle il vit et peut la regarder de plus loin. Pour la première fois, on peut prendre du recul sur la terre. En 1961 seulement. C'était long d'apprendre à voler. Les platistes emmerdent les astronautes. Les uniformes aux lettrages CCCP ou NASA sont des costumes de cinéma. Les fumées des fusées sont des brouillards de propagande. Les limites de notre compréhension s'opposent sans cesse à la complexité croissante du monde. Quand tout ne tourne pas rond, il est naturel de vouloir tout mettre à plat. Le bonheur est une ignorance heureuse mais il a toujours fallu des insatisfait·es, des scientifiques et des fous pour chercher un peu plus loin. Les vérités sont changeantes et nos perspectives évoluent. Quand la terre était plate, tout le monde était heureux comme tout. Peut-on en douter ? Si la terre n'a jamais été plate, avons-nous un seul jour été heureux ?
Avec > > > Emma Bortelle
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue de la Motte Brûlon, RENNES
Le travail d'Emma Bortelle s'articule à travers l'usage du textile, de la céramique, ainsi que des multiples formes que peuvent prendre le langage, l'écriture et le récit. L'exposition «Bonbons cailloux» dont le nom évoque une confiserie du sud ouest de la France, lieu de naissance de l'artiste, témoigne de cette démarche personnelle. Le texte qui accompagne cette installation accentue encore l'expérience immersive, en offrant une perspective singulière sur les oeuvres. Des tissages chamarrés flottent et s'épanouissent dans le project space pour se créer un environnement propre, un écosystème. Ils tirent par ailleurs leurs couleurs de plantes et de légumes et s'imprègnent de ces éléments vivants grâce auxquels ils voient le jour. Cette empreinte sensible convoque à la fois une envie plastique forte et l'extension d'un mode de vie où l'utilisation de matériaux naturels rencontre des techniques et des productions manuelles et artisanales. A travers ces gestes, Emma Bortelle tente de lier plus intensément l'imaginaire et le tangible, le poétique et le concret. Il s'agit surtout d'une pratique qui regarde le monde dans lequel elle s'inscrit et qui se matérialise dans un va-et-vient harmonieux et une cohésion subtile entre justesse et fantaisie, rêve et réalité.
Avec > > > Hugo Avigo / Romain Blanck / Romain Bobichon / Manon Cezaro / Nicolas Chardon / Tom Chatenet / Antoine Duchenet / Aires de Gameiro / Hyppolyte Hentgen / Guillaume Pinard / Anita Sanchez / Giula Siviero
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet / Romain Blanck > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue de la Motte Brûlon, RENNES
«With…» est une exposition qui invite une douzaine d'artistes dans un lieu évoqué : bureau, open space, salle de coworking. Lorsque l'on fait des recherches pour savoir comment organiser et équiper un tel espace on trouve le conseil suivant : « en termes de mobilier, rien de plus simple, une table et des chaises, mais des tabourets peuvent suffire. Un lieu pour se détendre, fauteuil ou canapé. Un éclairage d'ambiance et quelques tableaux. » «With…» est un pastiche, un prétexte pour nous permettre de réaliser une exposition sensible, domestique. Cela amène les oeuvres à se rencontrer comme elle se côtoieraient dans un espace privé, avec la liberté qui caractérise ce type d'accrochage. Les liens et les affinités qui les lient sont personnels et esthétiques, et supportent sans peine d'occuper une place parmi d'autres objets. Au-delà des aspects réflexifs et esthétiques des oeuvres et en dehors des sorties qui nous emmènent à les rencontrer, elles finissent par se retrouver dans notre quotidien, dans nos lieux de vies, de travail, et elles s‘immiscent dans les films et les séries que nous regardons. Mais surtout, elles s'inscrivent dans les décors de nos souvenirs et deviennent nos points d'accroches, qui, lorsque nous les voyons, nous rappellent autant de moments vécus. C'est peut être ici que l'oeuvre trouve une force nouvelle et que l'accrochage s'échappe enfin de lui-même. Pour présenter les tableaux, deux salles se succèdent. Une première imite l'espace de réunion dans lequel « une table haute et des tabourets hauts favorisent une position de travail dynamisante et participative », et une deuxième qui contient une table basse et deux fauteuils « pour mieux s'y reposer en vue de créer une ambiance type habitat et pour y trouver des idées nouvelles ». Une petite cuisine vient évoquer une incongruité architecturale avec laquelle il faut composer comme dans un vrai lieu de vie. «With…» bien qu'imitant une ambiance, ne partagerait-elle pas la même idée que les lieux qu'elle copie. Après tout, «il faut s'y sentir bien et nous le savons tous, la première impression est importante.»
Avec > > > Félicia Atkinson / Etienne Bossut / Christelle Familiari / Babeth Rambault / Mathieu Renard / Sylvie Ungauer
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > Exposition en ligne, DOCUMENTS D'ARTISTES BRETAGNE
Parcours proposé par Vincent-Michaël Vallet, artiste et commissaire d'exposition, fondateur de l'artiste run space QUATRE à Rennes et co-fondateur de l'immeuble atelier B612. C'est une histoire qui a pour décor des frontières régionales et où les artistes en plus de porter des chapeaux ronds continuent de prendre le mot, le pinceau, le crayon. C'est un endroit en retrait, préservé, mais où l'on voit avec inquiétude que les choses changent dans la vie des braves gens. C'est une communauté aux portes ouvertes, farouche au pouvoir et aux hommes en uniformes qui veulent faire de leur désir nos nouvelles normes. On y entend, apporter par le vent, cette idée que le soleil lui même aurait perdu sa couleur d'antan. Mais ici, on le dessine encore pourtant, jaune brillant, et de son corps s'échappe de longs rayons. Lorsqu'on le décrit, celleux qui ne l'ont jamais vu, le prennent pour un citron. Que faire de ceci et que penser de cela ? Dans les parages, lorsque les questions nous dévorent, on longe la grève. On interroge la mémoire des vagues et celles des embruns comme avant on le faisait avec oracles et devins. Et là, dans le sable la main poète qui vient d'ailleurs et qui écrit, «When life gives you lemons, make lemonade». C'est un dicton facile que nous autres imbéciles pouvons appliquer dans les moments difficiles. Faire avec ce que l'on a et dire ce que l'on est ; tout simplement. Et ces petites choses tracent des chemins que d'autres veulent suivre en dansant, en se tapant dans les mains. Les oeuvres rassemblées pour «Limonade maison» sont désaltérantes. Je voudrais dire - immédiates- et en le disant, je voudrais éviter les confusions. «Immédiates», n'est pas synonyme de simplicité mais plutôt de polysémie. Il est important de comprendre qu'une oeuvre doit offrir aux spectateurs des lectures qui peuvent être toutes personnelles. Contrairement aux oeuvres qui se lisent, je pense que c'est précisément à cela qu'une oeuvre qui nous parle, répond. Elle satisfait l'un de nos nombreux désirs intérieurs. Elle éteignent les incendies qui brûlent en nous. C'est donc ce sentiment qui a conduit ma collecte mais ce sont surtout les oeuvres elles-mêmes qui se sont imposées à moi. En les regardant s'ajouter les unes aux autres, j'ai compris, que dans cette région dont je vous parlais plus haut, et lorsqu'il s'agit d'art, éteindre un incendie peut se faire avec une limonade maison.
Avec > > > Simon Toulan
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue de la Motte Brûlon, RENNES
Simon Toulan utilise l'argile comme matériau et le mur comme support ; ce dernier devient la feuille blanche sur laquelle le dessin se laisse apparaître. Au regard des œuvres et des formes, on imagine que le processus artistique de l'artiste se situe entre actes volontaires et heureux hasard. Certains de ces bas-reliefs naissent de dessins préalables, simples et évocateurs, qui sont ensuite reportés sur des plaques d'argile puis découpés. D'autres, sont le fruit d'une rencontre, tel morceau laissé ou écrasé ne pourrait il pas devenir telle chose, ne l'est-il pas déjà ? C'est une rencontre fortuite et douce que de se laisser aller au processus simple de paréidolie et voir ce que l'imprévu a à nous offrir. En travaillant la terre, c'est tout naturellement que la peinture appliquée sur les murs de l'exposition soit de l'engobe, un revêtement liquide qui donne sa couleur décorative aux céramiques. L'entremêlement des médiums inverse les rapports, on passe du sculpteur qui peint au peintre qui sculpte. L'environnement ainsi composé oscille entre la fresque décorative et la peinture rupestre ; entre la beauté des formes et la force de leur évocation, leur magie. Dessins et sculptures sont avant tout des apparitions. Rien ne les précède ni ne les prévient, ils surgissent simplement. Dans le travail de Simon Toulan, ils le font de manière onirique et livrent le combat qui opposera toujours la fiction, notre capacité à fabuler, à celui de la réalité. Ce faisant, ils ne peuvent qu'inventer sans cesse de nouveaux récits et une nouvelle façon de nous imaginer.
Avec > > > Reda Boussella / Marine Coullard / Herveline Geffrault / Vincent Girard / Camilia Oliveira Fairclough / Henriette von Muenchhaussen / Yoan Sorin / Maxime Testu / Marie-Charlotte Urena / Vincent-Michaël Vallet
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue de la Motte Brûlon, RENNES
New York. Mardi 24 novembre 1981. Night-club studio 54. Andy Warhol observe Jon Gould, son amant, sur la piste. Pour la première fois, il se sent attiré par la danse, lui l'introverti, le faux extraverti. Il se dit qu'il peut en faire autant. Il le rejoint alors d'un pas mal assuré et s'aperçoit très vite que dans cet espace dédié personne ne le regarde vraiment. Sa gêne disparaît, il se lâche et découvre un plaisir inédit. En rentrant chez lui, quelques heures plus tard, il écrira dans son journal : dorénavant, je danserai. Dorénavant, je danserai est une phrase pour soi, tournée vers soi et mis au profit de sa propre émancipation. C'est une phrase criée à l'éternel comme une promesse, une résolution. Plus modestement, cela pourrait aussi annoncer un changement, prévenir d'une direction nouvelle pour indiquer à celleux qui vous entoure : désormais, vous allez devoir me voir autrement. C'est aussi un mystère, une énigme qui ne se livre pas si simplement et qui porte en elle des interprétations variées, laissées à la libre interprétation de chacun.e. Dorénavant, je danserai est surtout un leitmotiv. Cette phrase offre à la fois la possibilité de s'extraire de ce qui nous retient et lui associe le «je m'en foutisme» que l'on opposera à ce que pourrait en être les conséquences. Avec d'autres mots, cela dirait «quoiqu'il arrive, je le ferai» ou bien encore «à présent je m'en fiche». Reda Boussella, Marine Coullard, Yoan Sorin, Herveline Geffrault, Henriette von Muenchhausen, Vincent Girard, Camila Oliveira Fairclough, Maxime Testu et Marie-Charlotte Urena ont produit des pièces qui me touchent par leur efficacité, sensibilité et radicalité. Avant de les voir cohabiter entres elles, je les ai vu danser ; seules et autonomes puis en groupe. Il y a des oeuvres qui le peuvent car elles sont plus humaines que d'autres et elles me plaisent précisément pour cette raison. Disposées sur les murs du 4, toutes ces peintures forment un horizon pictural autant qu'un univers visuel. Dans celui-ci, j'ai volontairement déposé au sol des tableaux-sculptures créés pour l'occasion. Ils doivent aider à prendre conscience de ce qui nous entoure pour que nous aussi nous participions à ce moment. Peut-être alors, de retour chez nous et avec tout ce que cela sous-entend, nous l'écrierons quelque part : Dorénavant, je danserai.
Avec > > > Alice Quentel
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue de la Motte Brûlon, RENNES
Alice Quentel convie le spectateur à l'orée d'un paysage crépusculaire peupler de vagabondes. Ces grandes tiges d'herbes cueillies par l'artiste semblent s'illuminer dans ses dessins, comme éclairées délicatement par une farandole d'insectes lumineux ou une constellation. La nuit, si elle impose sa présence, n'est pas le temps qui laisse une place à nos frayeurs nocturnes mais celui-ci, au contraire, qui nous enveloppe de sa douceur. Elle nous laisse en souvenir ce moment magique, celui qui produit des effets extraordinaires. À y regarder de plus près, toutes ces traces révèlent d'une volonté de figer cette beauté, d'en saisir la volupté. Le rapport de l'artiste à l'empreinte est doué d'une extraordinaire fécondité heuristique car elle travaille avec ses possibilités et ses limites opératoires. Cette indétermination de sa pratique se joue dans les supports du papier, les textures, les pressions et les gestes. Le dessin est vécu comme un champ d'expérimentation, l'artiste y compose un tissu de relations visuelles, un vocabulaire de motifs qu'on croirait tirés de planches botaniques d'Anna Atkins. Une empreinte est une réminiscence visuelle d'un passé qui ne cesse de se faire présent à nouveau ; une « survivance », dans le sens warburgien du terme. À chaque endroit où une silhouette fait défaut, une séparation se répète. Dans cet univers végétal, seules trois empreintes de mains, presque imperceptibles, semblent être les témoins d'une présence humaine. Ce sont des «mains fantômes», renvoyant à une iconographie inscrite dans une histoire de la création intemporelle. Ces spectres sont les vecteurs d'une émotion profondément mélancolique, qui sans dire, son nom parcourent les âges.
Avec > > > Sosthène Baran / Hugo Capron / Charlotte Delval / Delphine Dénéréaz / Robin Immelé / Julie Jackson / Kun Kang / Yoann Philouze / Marie Pic / Alice Quentel
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue de la Motte Brûlon, RENNES
Bienvenu.e.s Après une première année dans mon atelier place du parlement et une autre en itinérance, après une quinzaine d'expositions personnelles et collectives ayant conduit jeunes artistes et artistes plus confirmé.e.s, commissaires et collégien.ne.s à travailler ensemble, voici le troisième espace dans lequel s'installe le 4. Encore une fois bienvenu.e.s puisque vous êtes, visiteurs et visiteuses, le cœur du projet. Les expositions sont faites pour qu'on puisse y prendre du plaisir, y trouver un intérêt qui nous offre des horizons variés et échanger autour de ceux-ci. C'est donc avec franchise que je vous l'écris : ce lieu ne sera rien si vous n'en devenez pas les regardeurs et regardeuses assidu.e.s et intéressé.e.s, les promeneurs.euses curieux.euses. Le 4, espace dans lequel vous êtes à présent, et le projet B612 dans lequel il prend place à son tour sont des structures inédites dans le paysage rennais. Elles tentent par-dessus tout d'éviter l'entre-soi et de mutualiser les savoirs pour créer une communauté artistique soudée, sans cesse grandissante et inscrite dans son territoire. Cette communauté, dont vous faites à présent partie, nous pouvons tous et toutes en être fièr.es. C'est une aventure qui a mobilisé de nombreuses forces vives pour éclore et nous vous attendions pour enfin allumer les lumières. Alors bienvenu.e.s aux ancien.ne.s comme aux nouvelles et nouveaux. Tout au long de l'année le 4 adoptera un format nouveau puisque dorénavant il se dédouble avec un espace au rez-de-chaussée et un autre au deuxième étage du bâtiment. Il se développera en suivant une certaine hybridation ; entre espace d'atelier et espace d'exposition, entre lieu de vie et évènements socio-culturels. «thequickbrownfoxjumpsoverthelazydog», «Monstera Deliciosa» et «Mes yeux étaient vairons» ouvrent la première série d'exposition de ce cycle. «thequickbrownfoxjumpsoverthelazydog» est un pangramme, une phrase qui contient toutes les lettres de l'alphabet latin et de fait, les dix artistes invité.e.s participent à mieux définir l'alphabet de mes affinités esthétiques et plastiques. Je l'ai souhaité comme une cartographie prévisionnelle de ce qui vient. Sosthène Baran, Hugo Capron, Delphine Dénéréaz, Charlotte Delval, Marie Pic, Kang Kun, Robin Immelé, Julie Jackson, Alice Quentel et Yoann Philouze ont tous et toutes répondu présent à mon invitation me permettant ainsi de vous offrir une exposition d'une grande qualité. J'espère sincèrement que le 4 et b612 seront des espaces dans lesquels vous prendrez l'habitude de venir et que vous vous y sentirez bien. Jusqu'en juin 2023, les portes restent ouvertes. Une dernière fois, bienvenu.e.s. Vincent-Michaël Vallet
Avec > > > Julie Béasse / Florent Dubois / Fanny Gicquel / Lucile Lance / Justine Lesage / Clara Maugin / Manoela Prates / Alice Quentel / V-M Vallet
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > Rue de Rohan, RENNES
Qu'est ce que c'est ? Actif de 2010 à 2015, Riposte se présentait comme un réseau national d'échange et de mutualisation de pratiques curatoriales engagé dans l'organisation d'expositions présentant la pratique d'artistes émergents chez des particuliers. Le but étant de rendre possible l'échange entre exposants et spectateurs, mais aussi de remettre en question les modalités traditionnelles d'exposition en mettant en place des dispositifs plus ouverts. S'inscrivant dans une temporalité courte (une soirée) et un cadre accueillant. Riposte est une démarche à la fois éphémère et conviviale pour venir à la rencontre d'énergies artistiques se déployant au sein même de nos maisons, de nos quartiers.
Avec > > > Louise Aleksiejew / Loîse Alline / Julie Béasse / Mathis Berchery / Corentin Canesson / Anouk Chardot / Juliette Dominati / Florent Dubois / Lenny Mathé / Antoine Medes / Manoela Prates / Louise Rauschenbach / Vincent-Michaël Vallet / Xari Zurell
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > LENDROIT ÉDITIONS, RENNES
Avec > > > Archi De Beaune Mathieu / Stessie Audras / Victoire Barbot / Louis Dassé / Victoria David / François Dehoux / Léna Gayaud / Fanny Gicquel / Alexandre-Takuya Kato / Romain Lombardo / Kazuo Marsden / Opale Mirman / Nicolas Nicolini / Theo Ouaki / Manoela Prates / Karine Rougier / V-M Vallet
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > BUROPOLIS, MARSEILLE
Dans Les groseilles de Novembre de l'auteur estonien Andrus Kivirähk. on rencontre les kratt(s). Formes à partir de matériaux vernaculaires et obiets domestiques, les Kratts) sont des figures folkloriques chapardeuses qui rapportent à leurs propriétaires les choses désirées. Chaque oeuvre, chaque artiste invité.e étant l'une des pièces qui composent et donnent à l'exposition une forme propre et singulière; cette dernière devient notre kratt commun. Inspirée par cet univers qui condense à la fois les fantasmes des croyances passées et actuelles, l'exposition offre une déambulation entre conte et roman, réalité et fiction. Les oeuvres sont autant décors, personnages et actions qui permettent au 9e étage de devenir un espace fécond, truculent à la façon de Bosch, populaire à la manière de Brueghel. Depuis ce mythe lorsqu'une météorite traverse le ciel, les estoniens voient un kratt en train de disparaître. L'ombre d'un météore est donc la réalité physique du kratt. Comme toute chose précieuse, elle ne se révèle que rarement. Elle reste hors du temps. Trop rapide, elle échappe à tout ce qui marque une époque; et en poursuivant sa route dans sa folle vitesse, on se demande si elle ne voudrait pas non plus échapper à la sienne.
Avec > > > Louise Aleksiejew / Florent Dubois / Yoann Estevenin / Corentin Garrido / Léna Gayaud / Antoine Medes / Fleur Helluin / Alice Quentel /Éléonore Ferret / Natasja Mabesoone / Fanny Gicquel / Swann Ronné / Vincent-Michaël Vallet
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > Collège Jean Lurçat, LANESTER
Avec > > > Céline Guettier / Mathilde Monnet / Manoela Prates
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > Affichage public, RENNES
La Criée donne carte blanche au 4e étage, atelier et lieu d'exposition impulsé par l'artiste Vincent-Michaël Vallet, qui invite à son tour trois jeunes artistes à exposer dans les panneaux d'affichages urbain. L'exposition en trois temps est ainsi visible par tous les passants, dans l'espace public rennais, alors que ceux-ci sont largement privés de contacts directs avec des œuvres en cette période de fermeture des musées et des centres d'art.
Avec > > > Maxence Chevreau
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue Victor Hugo, RENNES
Maxence Chevreau interroge les possibilités sculpturales. Ses œuvres, en prenant place dans des expositions ou des interventions minimales, intriguent ceux qui vont à leur rencontre. Elles jouent d'une certaine ambiguïté, entre fragilité et stabilité, mais aussi précarité et utilité. Autant de questionnements sur leur réalisation et sur leur fonction qui laissent entrevoir les recherches de l'artiste. D'un côté, les formes. Elles naissent le plus souvent d'un dessin provisoire, d'un prélèvement qui entraîne l'apparition d'un motif ; à la fois une raison d'agir et sujet de peintre. De l'autre, les matériaux. Ils sont utilisés pour leurs spécificités. Ils sont travaillés pour concrétiser l'idée qui précède leurs réalisations. Le geste artistique est au service des caractéristiques physiques de ces derniers et les modalités d'appréhension des œuvres se veulent simples et précises. Elles se dévoilent avec une évidente clarté et mettent en lumière l'équilibre apprivoisé entre la forme et son matériau. L'exposition «Lisière» se compose de trois éléments indépendants, une porte, un ensemble de deux monolithes de papier, et un cendrier. Leurs matériaux de fabrication les situent dans des familles différentes avec des propriétés spécifiques : bois, papier, métal ; malléables, fragiles, solides. Pour autant, comme sculpture autonome, elles ne s'isolent pas, au contraire, elles invitent à passer à la suivante. Elles se précédent et se succèdent, elles cloisonnent et décloisonnent, les empêchant de se figer dans cet espace restreint. Cette circulation donne à la fois l'impression d'une grande autonomie et d'une nécessaire complémentarité. Elles permettent à l'exposition de se mettre naturellement en mouvement et donc de révéler, une certaine vie des formes.
Avec > > > Margaux Janisset
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue Victor Hugo, RENNES
Les oeuvres de Margaux Janisset s'inscrivent dans le contexte particulier d'un lieu ou d'une architecture. La couleur, dans tous ses possibles (peinture, craie, pigment), s'étale partout où elle peut avoir une emprise et entrer en résonance avec son support. Pour autant, le rendu reste subtil, évanescent, parfois même imperceptible puisqu'à l'inverse des modalités classiques de frontalité, la peinture de Margaux Janisset se découvre pleinement lorsque notre corps se déplace pour l'apprécier sous différents angles. Ainsi révélées par la lumière naturelle, qui dévoile autant qu'elle camoufle, les peintures murales sont sujettes aux aléas météorologiques et transforment la démarche en expérience sensible du temps. La couleur qui brille ou s'estompe est appliquée par strates successives de mélanges dilués. Cela permet à l'artiste de dessiner un territoire de pratique picturale qui se situe dans le champ de la recherche et de l'expérimentation ; les accidents, les surprises deviennent acteurs de la réalisation. Des oeuvres sur support papierL'exposition « Temps solaire » au 4ème étage est une démarche inédite en faveur du lieu, celle de le sublimer et d'en offrir aux spectateurs toute sa force vibratoire.
Avec > > > Germain Marguillard
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue Victor Hugo, RENNES
Germain Marguillard élabore une pratique entre recherches et intuitions. Il s'aventure sur des terrains mystérieux comme l'alchimie et la magie pour mieux en étudier les processus de signes et les méthodes de communication. Cet intérêt pour le déchiffrage se retrouve dans le titre de l'exposition. Entre calembour et langage des oiseaux, le «mot dit vers où» devient le «maudit verrou», codage volontaire pour masquer une information. Le sens caché du titre invite à déchiffrer le sens caché des sculptures et des installations. Ces dernières devenant les réceptacles d'une énergie mystique, d'une spiritualité neuve où les grands mythes du passé et les questionnements numériques du présent fusionnent. L'utilisation de formes transformées et de matériaux empruntés à un contexte quotidien, palette, enjoliveurs, diffuseur d'huiles essentielles et câbles électriques, les éloigne de leurs fonctions habituelles pour se présenter à nous en énigme. L'hybridation des signes se multiplie dans un assemblage qui évoque autant un cabinet de curiosités, l'antre d'un prêtre vaudou que le laboratoire d'un alchimiste. Ainsi, chacune des œuvres éveille des histoires communes, des projections mentales qui sommeillent en nous comme autant de liens avec des mystères occultes presque communément partagés. Les maudits verrous déposés ci et là dans l'exposition sont ici pour nous le rappeler, du mot vient la forme et la forme retourne au mot. C'est finalement quand on ne cherche plus les phénomènes cachés et qu'on s'abandonne à eux, que le sens des choses et des lieux se dévoile.
Avec > > > Manoela Prates
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue Victor Hugo, RENNES
«La création m'échappe. Et je ne veux même pas en savoir davantage. Il me suffit d'avoirle coeur qui bat dans ma poitrine. L'impersonnel vif du it me suffit.» Clarice Lispector L'approche picturale de Manoela Prates interroge les dynamiques du dessin, du collage et de la peinture. Le style est précis, délicat, il se marie aux couleurs vives pendant que les références s'étirent du dessin animé aux arts populaires, de la bande dessinée à la peinture naïve, de la littérature à l'univers des jouets d'enfants. La palette de l'artiste nous accompagne dans cette plongée vertigineuse, on la dirait sortie d'une trousse d'écolier entre paillettes, blanco et autocollants. Finalement ne fait-on pas de l'art comme on part découvrir le monde ? Au détour d'un livre, au verso d'une feuille, les univers restent multiples et infinis, offerts à qui s'y rend disponible. À la fois fragile, tragique et politique, le dessin de Manoela Prates s'inscrit parfaitement dans les aspects du réalisme magique - une analyse du monde à travers une représentation du quotidien qui le rend alors inhabituel et surprenant. Il reste le it, l'instant. Celui qui donne son nom à l'exposition, mais aussi une direction puisque le it, c'est ce moment d'alchimie ou d'euphorie parfaite atteint par un musicien. Dans les dessins qui se dévoilent ici, l'art visuel poursuit les rythmes de sa sœur musicale. Le it n'est plus une simple question d'écoute ou de vue, il reste une question de cœur sauvage.
Avec > > > Léa Balvay
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue Victor Hugo, RENNES
Korai est le pluriel de Koré, un terme qui signifie jeune fille en grec, mais désigne également un style de représentation statuaire. La koré est réalisée en terre, en pierre ou en marbre. C'est une jeune femme debout qui effectue un léger mouvement comme porter un objet, recevoir une offrande, tenir le pli de son vêtement. Autant de gestes qui nous rappellent que le travail de Léa Balvay est avant tout performatif. Qu'il prend forme par le mouvement. De fait, le principal médium est organique, vivant et c'est par le truchement de l'objet inanimé qu'il révèle son potentiel. Les sculptures que l'artiste réalise, le sont dans le but de servir le corps ou de le contraindre. Lorsque ce dernier s'absente et que la chorégraphie s'arrête, laissant les oeuvres seules au regard du spectateur, les formes continuent de l'évoquer. Elles se meuvent dans des temporalités parallèles, se comprennent et s'apprécient sous des angles multiples. Que l'on regarde l'action, que l'on réfléchisse aux sens qui s'en dégage, que l'on se projette dans le potentiel d'activation qu'elle offre instinctivement au regard. Réalisées à la main, moulées sur un corps, modelées par un corps, on comprend que ce dernier réagit parfaitement dans ce qu'il est capable de faire lui même. Faut-il rappeler que les Korai sont destinés à la déesse Athéna, et que cette dernière est également la déesse des artistes.
Avec > > > Thomas Gaugain
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue Victor Hugo, RENNES
Le parquet et les moulures caractérisent l'appartement bourgeois ; que ce dernier soit rutilant ou légèrement décrépi, on y projette rapidement des situations et des fantasmes personnels. Pour «paup.» Thomas Gaugain a souhaité donner une présence quasi-usuelle à ses œuvres. Les sculptures présentes évoquent les vies qu'elles auraient pu avoir si la main de l'artiste ne les avait pas faite œuvres. Un coffre, meuble essentiel et polyvalent de l'habitat européen occupe une partie de l'espace ; une tunique en feuille OCB cristallise la tenue de soirée et le partage de joint. Un sac dont la multiplication ironique des sangles et des mains rappellent l'usage répété que l'on en a autant que l'accumulation que l'on fait de ces objets promotionnels. Une trottinette ou une solowheel, réalisées en carton n'amèneront jamais nulle part ceux qui montent dessus. Ces sculptures nous renvoient surtout l'image d'une société qui dans son paradoxe souhaite de moins en moins prendre son temps. Ce même temps, nécessaire à Thomas Gaugain pour la réalisation de nombreuses de ses œuvres. L'artiste se situe entre l'artisan - celui qui exerce une technique traditionnelle et le bricoleur levistraussien - celui qui ajuste son geste aux objets. Il utilise les matériaux appropriés pour construire un récit et nous le présenter tout en laissant ouvert les interprétations. Le langage formel, poétique et métaphorique ne tombe ni dans le décor ni dans l'illustration. Les pièces de l'exposition en rappelant des temps si différents, du moyen-âge à aujourd'hui, permettent aux contrastes entre signifiant et signifié de dialoguer et d'évoquer une archéologie contemporaine. Tout est donc faux ici ; et tout est autant l'image du vrai et de ces multiples visages.
Avec > > > Maxime Hanchir
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Les peintures et dessins de Maxime Hanchir s'inspirent de nos vies quotidiennes et des individus qui l'habitent. Les figures peintes, comme autant d'archétypes contemporains, sont à la fois des personnages héroïques et ubuesques. Parfois une figure plus fantaisiste, comme un fantôme, se glisse au milieu de cette profusion et évoque un temps suspendu. Celui du peintre, mais surtout celui d'une naïveté qui sait à la fois se mettre au service du réel et de l'imaginaire. À travers ses sujets et sa palette, Maxime Hanchir évoque les joies et les gravités qui définissent nos conditions humaines, multiples mais unies. L'art, n'est-il pas ce langage ou ce terrain de jeu commun qui rappelle que chacun d'entre nous formons un ensemble ? Si le trait de l'artiste reste simple, vif et rappelle des traitements picturaux comme ceux de l'artiste belge Walter Swennen, les références sont variées. On y trouvera des citations à l'univers Bergmanien, des situations dans lesquelles les personnages se perdent entre obsessions enfantines et vérités historiques. Le cafard présent de nombreuses fois sous la forme de pochoir est une référence au célèbre ouvrage de Kakfa La métamorphose. Un roman qui nous rappelle à travers la vulnérabilité du protagoniste principal, que l'aliéné n'est pas celui que l'on croit. En raison de l'épidémie de Covid-19, l'artiste n'a pas pu se déplacer jusqu'à Rennes. Les œuvres ont été envoyées avec des pochoirs laissés à la disposition de l'équipe du 4e étage. « Spectres et garnements » se déploie alors dans une mise en scène qui évoque une temporalité marquée. Les dessins non encadrés, les nombreux pochoirs ainsi que les confettis au sol nous entraînent sur le terrain de l'expérience et d'un accrochage qui ne peut être définitif, car nécessairement plus urgent. Il ne reste que quelques jours, ceux de l'exposition, avant que la fête ne se termine.
Avec > > > Louise Rauschenbach
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue Victor Hugo, RENNES
Louise Rauschenbach puise en partie son inspiration dans la culture populaire, aussi bien pour les couleurs vives qu'elle emploie que les images dont elle se sert. En parallèle, il faudra ajouter à cette sensibilité une affection particulière pour la récupération et le recyclage. Ce dernier se fera le plus souvent au service d'un détournement, d'un ré-emploi l'éloignant de sa fonction de détritus pour le ramener dans le champ du mobilier, du public au domestique. Si aujourd'hui un châssis sert à la structure, demain, il pourra devenir un socle. Le carton peint qui gît au sol est autant tapis que peinture dans un futur proche. Les installations prennent alors la forme d'un bric-à-brac de geek. Comme la cabane que l'on se construisait enfant. Précaire mais suffisant pour s'y consacrer pendant plusieurs journées ; en vue de la future aventure que l'on pourra y vivre. Quelques années plus tard, on joue certainement différemment. Cette cabane que devient-elle en vieillissant ? Et si c'était là l'enfance d'une œuvre d'art, sa genèse ? Lorsque l'on voit les installations de Louise Rauschenbach, on se demande si être artiste ce n'est pas attribuer aux objets que l'on aime, un nouveau rôle ? Pour qu'eux aussi aient l'opportunité d'avoir plusieurs vies. Quelle chance alors lorsque l'artiste se donne l'autorisation de jouer l'artiste.
Avec > > > Maxime Chochon
Commissariat > > > Vincent-Michaël Vallet > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > > QUATRE, rue Victor Hugo, RENNES
Maxime Chochon n'arrive pas seul au 4e étage. Il est accompagné des ânes. Peut-être qu'ils ne font qu'un comme l'onocentaure, cette créature mythologique que l'on prenait pour un démon. Dans l'imagerie populaire l'âne reste cet animal têtu et borné, c'est pourquoi on affublait les mauvais élèves d'un bonnet portant son nom. Pourtant, avant de mal le considérer, l'âne était reconnu pour son intelligence. Si on a dit qu'il n'en faisait qu'à sa tête c'est surtout qu'il n'a jamais obéi bêtement à des ordres pouvant le mettre en danger. L'âne ne s'engage que là où il est sûr de pouvoir s'en sortir. Cette figure, Maxime Chochon s'en inspire pour expliquer sa propre démarche. Les représentations énigmatiques qu'il dessine mélangent les références, les jeux de mot, les traits d'esprits et les calembours visuels pour élaborer une théorie visuelle, celle de l'âne-artiste. Voyons alors cette idée comme une attitude neutre, de « contemplateur ». Un regard irrémédiablement tourné vers la poésie de l'instant. Celle qui comme aime le dire l'artiste doit rester assez modeste pour nous faire comprendre qu'elle préexistait à son apparition. Cette préoccupation animale que l'on voudrait à la fois extra-littéraire, extra-poétique et extra-artistique ; aide à penser l'art comme moyen et non plus comme un but. Voilà une raison de plus d'énerver ceux qui se veulent professeurs.